Chine, Pacte pour l’environnement

L’erreur de politique étrangère de Trump. L’ONU en route vers le Moyen Âge.

Je suspecte le président américain Donald Trump de n’avoir aucun plan vis-à-vis de la Chine. C’est la superficialité habituelle de la politique étrangère américaine qui, en fin de compte, regarde le plus souvent les autres pays du bout de sa lorgnette. Par conséquent, ils considèrent la Chine comme une puissance expansionniste qui veut avoir un comportement dominateur, tout comme les États-Unis. Mais est-ce exact? Les Chinois sont une très ancienne puissance territoriale, et non une puissance maritime comme les États-Unis. Ils ont mené leurs guerres principalement sur leurs propres territoires et dans leur proche environnement, mais pas à travers le monde comme les États-Unis. Depuis des siècles, les Chinois, peuple commerçant dans l’âme, cherchent à vendre leurs produits à travers un vaste réseau de voies commerciales et de routes de la soie.

Le caractère des Chinois n’est évidemment pas immuable. Quiconque a plus de pouvoir et plus d’argent peut succomber à des tentations et faire des choses dont il devait auparavant s’abstenir. Qui plus est, le gouvernement chinois est en train de passer du communisme de l’âge de pierre à une forme hybride d’économie de marché socialiste. Toutefois, les Chinois sont aujourd’hui plus capitalistes que certains États membres de l’UE et Pékin n’inspire pas encore spontanément la sympathie générale. C’est un euphémisme de dire que le traitement des dissidents et des minorités ne suscite pas encore une confiance sans réserve en Occident.

Néanmoins, l’attitude de confrontation agressive du gouvernement Trump vis-à-vis de la Chine se fonde sur des hypothèses peut-être fausses. Il est fort possible que les Chinois mènent une politique étrangère différente, plus amicale que les Américains. On peut même éventuellement leur accorder crédit quand ils disent attacher plus d’importance à la prospérité qu’à la puissance. Finalement n’est-il pas légitime que les Chinois auxquels l’Occident a fait subir de terribles crimes coloniaux au XIXe siècle se formalisent un peu lorsque ces mêmes Occidentaux, à l’origine des guerres de l’opium en Chine, leur font aujourd’hui la morale et exercent sur eux une pression en politique étrangère?

J’ai l’impression que le gouvernement américain utilise la politique étrangère contre la Chine sur le plan intérieur. Trump joue les durs pour impressionner ses électeurs, en particulier les très nombreux ouvriers au chômage dont les emplois sont partis en Asie, au Vietnam et, à coup sûr, dans un premier temps aussi en Chine. En imposant des droits de douane élevés aux Chinois, Trump donne à ces gens «pitoyables», comme les appelait avec dédain Hillary Clinton, l’impression de faire quelque chose pour eux; il va leur ramener les emplois que les Chinois ont «volés».

C’est évidemment complètement absurde. Le problème des Américains en matière d’emplois industriels n’est pas la Chine, mais le manque de personnel qualifié bien formé à cause d’un système scolaire lamentable. On dit qu’aux États-Unis il n’y a que des prix Nobel et des manœuvres, et rien entre les deux. Ce n’est pas faux. Au lieu de taper sur les Chinois, Trump pourrait mettre en place un système éducatif dual, comme en Suisse, au moins pour fournir au secteur compétitif de la production les ouvriers dont il a besoin.

Je suis sûr que Trump, qui est intelligent, le sait. Mais il sait aussi que la transformation d’un système éducatif prend du temps et ne produit pas tout de suite de résultats. C’est laborieux. Mauvais avant les élections. Il est plus facile de chercher la confrontation avec un pays lointain qui fait figure d’ennemi parfait.

Mais quel est le but de Trump? Veut-il un accord avec les Chinois? Veut-il les enfermer dans des barrières douanières? Comment cela va-t-il finir? Je crains que les Américains ne le sachent pas eux-mêmes. Ils tapent dessus, mais pas trop fort, car sinon on dira que Trump est responsable de la récession. C’est peut-être aussi la raison pour laquelle le président se mêle depuis peu des affaires de la Réserve fédérale américaine pour s’assurer que les taux d’intérêt restent bien bas avant les élections.
Les États-Unis ont de nombreux atouts admirables, mais, malheureusement, ils sont également les leaders mondiaux du narcissisme, une obsession de soi parfois excessive qui fausse leur appréciation d’autres cultures.

Les Nations unies, louable association de politiciens ambitieux qui s’affairent à prouver au monde entier que l’ONU est l’unique source du bien sur cette planète, et la plus importante, viennent maintenant d’élaborer, sans surprise, après le Pacte pour les migrations et les réfugiés, un «Pacte mondial pour l’environnement». Ce projet circule d’ores et déjà partout au Palais fédéral.

Il s’agit, si le pacte s’impose un jour, ce qui est à peu près aussi sûr que deux et deux font quatre, d’un ensemble de dispositions juridiquement non contraignantes, donc non soumises au processus démocratique, mais d’autant plus contraignantes politiquement. Les États signataires du traité sont tenus de lutter contre le «changement climatique» par le biais d’«aides d’État». Ils devront vérifier l’«impact environnemental» de toutes les activités économiques et publiques. Il va falloir créer des systèmes bureaucratiques de contrôle, rédiger des rapports. Les gouvernements s’engagent en outre à mettre à disposition des «moyens d’information de masse à caractère éducatif sur les écosystèmes et la nécessité de protéger l’environnement». Bref, de la propagande.

L’article 6, «Précaution», est de loin mon préféré. Il dispose qu’en cas de risque de «dommages graves ou irréversibles», comme le changement climatique, «l’absence de certitude scientifique ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir la dégradation de l’environnement». En d’autres termes, pour l’ONU, la protection de l’environnement n’est plus une question de certitudes scientifiques, mais une sorte de vérité religieuse révélée, qui se justifie en soi, qu’il faut aussi expressément admettre sans fondement scientifique et mettre en pratique.
Sans probablement le vouloir, le Pacte pour l’environnement de l’ONU révèle ainsi un mode de pensée profondément opposé aux Lumières, presque médiéval, celui d’une religion environnementale radicale, moderne, qui prive Dieu de son pouvoir, mettant l’homme à sa place dans sa version «politicien rouge-vert croyant».

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Von Beat Gygi
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