Climatistes

Le nouveau communisme vert.

Nous avons démontré dans la dernière édition que ladite protection du climat n’apporte rien. Le climat n’a pas besoin d’être protégé. Il a toujours changé, depuis des millions d’années, et continuera de changer.

Nous manquons jusqu’à ce jour de preuves scientifiques de l’influence décisive de l’homme sur le changement climatique. Il a, sans conteste, une influence, mais il n’y a pas de théorie avérée relative à l’ampleur de celle-ci.

Venons-en aux chiffres: les Suisses produisent environ un millième du CO2 d’origine anthropique dans le monde, et non un dix-millième, comme je l’ai écrit la semaine dernière, pris de vertige par tout cet infiniment petit. Mea maxima culpa!

À vrai dire, cela ne change absolument rien à l’argument.

Les êtres humains rejettent environ 3% du CO2 total dans l’atmosphère, tandis que les 97% restants proviennent directement de la nature, au premier chef, des océans. Autrement dit, la Suisse produit un rien équivalant à 3/100 000e du CO2 total mondial.

Maintenant, on peut, bien sûr, consacrer toute sa vie politique à faire en sorte que la Suisse ramène son rien global de 3/100 000e à un rien du tout de 0/100 000e.

Il nous faudrait une transformation révolutionnaire de notre économie, de notre société, de nos vies pour qu’à l’avenir nous réduisions ce rien mondial de CO2 que nous produisons actuellement à un niveau de rien encore plus proche de rien, qui n’apporterait rien non plus au climat.

Une politique pas très raisonnable, pour ne pas dire complètement folle.

Plus la politique est délirante, plus les théories utilisées pour la mettre en œuvre doivent sembler intelligentes et brillantes.

Je compare les sauveurs du climat aux communistes. Les communistes se considéraient comme les vengeurs et les sauveurs de la classe inférieure censée être opprimée. Les climatistes sont les vengeurs et les sauveurs du climat, censé être maltraité, qu’ils doivent défendre contre l’humanité pour le bien de l’humanité.

Les communistes se sentaient en accord avec les vérités supérieures de la philosophie de l’histoire. Cela leur a permis de tout justifier, également toutes les atrocités. Ils avaient découvert la «théorie du tout» de la société et de l’économie. Ils ont agi au nom de ce qu’ils estimaient être une connaissance scientifiquement établie. Il fallait être un imbécile ou un criminel pour ne pas y adhérer.

Les climatistes procèdent avec une assurance similaire. Eux aussi ont déchiffré, c’est du moins ce qu’ils croient, la théorie objective du tout, en l’occurrence, la théorie climatique du tout. À l'instar des communistes avec l’histoire, les sauveurs du climat comprennent parfaitement le climat, réduisant démagogiquement un système multifactoriel extrêmement complexe en quelques slogans faciles à retenir.

Toutefois, nommer l’ennemi est le facteur qui décide du succès d’une formation politique. Les nazis avaient l’ennemi racial, les communistes l’ennemi de classe. Les climatistes ont dans leur collimateur l’ennemi du climat incarné par l’individualiste mangeur de viande, automobiliste, voyageant en avion et producteur de CO2, souverain, principalement mâle, principalement blanc – car les climatistes n’ont rien contre les mouvements migratoires venant du Sud –, donc un homme de l'hémisphère nord industriel, qui ne se laisse pas enfermer d’office dans le collectif, dans le kolkhoz d’un troupeau neutre en CO2 dirigé d’en haut.

Les communistes verts peuvent remporter des élections, mais quand leurs propositions deviennent concrètes et coûteuses, en démocratie directe, les citoyens votent généralement contre. Tôt ou tard, les Verts seront, par conséquent, contraints d’introduire la dictature climatique s’ils veulent concrétiser leurs objectifs.

Récemment, quelqu’un m’a dit au cours d’une conférence que j’étais fou d’affirmer chose pareille. Les Verts, dont il fait partie, n’auraient pas pour objectif d’instaurer une dictature, mais voudraient uniquement que des voix intercèdent pour le climat dans le cadre de la démocratie directe.

Erreur. Bien entendu, les sauveurs du climat en viendront à la dictature. C’est dans le droit fil de leur vision de la nature humaine et de l’État.

La démocratie se fonde sur l’idée d’un individu responsable et doué de raison, le mieux à même de savoir ce qui est bon pour lui. L’État est un mal nécessaire. Sa finalité principale consiste à empêcher les forts d’écraser les faibles. Pour le démocrate, l’État n’a pas à éduquer les gens à faire ce qui est bien. Il doit juste s’assurer qu’un groupe de pouvoir ne se serve pas de l’État pour imposer à tous les autres son idée de la vie bonne.

Les Verts voient les choses différemment. Pour eux, l’État est un instrument coercitif qui leur permet d’imposer le mode de vie qu’ils estiment juste, de le réglementer jusque dans les moindres détails. Pour eux, l’essence de la politique est la réglementation, l’interdiction.

Ils considèrent les gens irresponsables, incapables de discerner ce qui est bon pour eux. Ils ne croient pas que les gens se rallient de leur plein gré aux promesses de l’écologie et renoncent volontairement à leur comportement destructeur. C’est pourquoi l’illumination doit venir d’en haut, c’est pourquoi il faut faire leur bonheur malgré eux.

L’intolérance verte, son impatience fébrile, la haine verte des opinions différentes et des critiques sont le résultat de l’image qu’ils ont d’eux. Ils ne représentent pas une quelconque opinion subjective, mais incarnent la vérité qui les élève au-dessus des basses controverses très répandues dans la science et la démocratie.

Pourquoi les sauveurs du climat, les Verts et les Vert’libéraux sont-ils si fans de l’accord-cadre de l’UE? Parce qu’ils ont compris que ce traité est aussi antidémocratique qu’eux.

Seules les personnes qui ont trop confiance en l’État et trop peu en l’homme sont favorables à cet accord-cadre avec l’UE. Elles sont fascinées, comblées par cet accord qui instaure l’UE et ses juges comme les nouveaux législateurs suisses au-dessus du peuple, des cantons et des parlements.

Seul quiconque se méfie du souverain démocratique, des citoyennes et citoyens de ce pays, les méprise comme étant l’ennemi de ses idées politiques peut vouloir chose pareille. Seul quiconque a besoin de l’État comme instrument de pouvoir supradémocratique parce qu’il n’a aucune envie ou pas la force ni les arguments pour convaincre une majorité de sa politique trouve que c’est une bonne chose.

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Alex Baur, Redaktor

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