Les détracteurs du peuple

À la scie circulaire contre la démocratie directe.

L'UDC n'est pas encore parvenue à faire passer son message principal en faveur de l'initiative pour l'autodétermination.

Associations économiques, partis de centre-gauche ou groupes poussés de l’étranger, tels que l’Opération Libero, dont la dirigeante, Flavia Kleiner, fait partie du réseau international du militant de la gauche américaine George Soros, ont la maîtrise de l’air. Les opposants à l’autodétermination, ceux qui à Berne n’appliquent pas l’initiative contre l'immigration de masse, les associations de managers qui sont en guerre contre la démocratie directe depuis l’Initiative contre les «magouilleurs», ont tous quelque chose en commun, au premier chef: un profond mépris du peuple.

À leurs dires, quand on laisse le peuple suisse décider de lui-même et librement en démocratie directe, la liberté court à sa perte, les droits de l'homme sont menacés, l'État de droit est fichu et la prospérité perdue.

Ce mépris du peuple trouve son expression brutale dans une campagne d’affiches de grande envergure dans les gares et sur les places publiques. Elle donne une idée de la mentalité antidémocratique des opposants à l'autodétermination.

Les affiches montrent une scie circulaire qui fend brutalement l’image. Elle coupe en deux des expressions comme «droits des femmes», «droits des enfants», «droits des personnes handicapées». Le message est clair: l'autodétermination est destructrice. Les décisions du peuple sont un massacre à la tronçonneuse. Les femmes, les enfants, les minorités en sont la cible.

Le conseiller national PLR de Zurich, Hans-Peter Portmann, a encore poussé la polémique d'un cran dans le talk-show quotidien de Telezüri. Il a fait valoir qu'en cas d'adoption de l'initiative pour l'autodétermination une véritable dictature nazie pourrait subitement s'installer en Suisse.

Portmann a dit mot pour mot: «Si nous revenons un peu en arrière, il y avait dans un pays voisin des gens qui criaient: "Retour au Reich". [. . .] Je ne veux pas ouvrir grand la porte à la possibilité d'abolition des droits de l'homme en Suisse avec l'initiative pour l'autodétermination.»

Contre le monstre féroce qu'incarne le peuple, pour reprendre les termes de Portmann, notre seul recours serait les règles internationales et les juges internationaux. On ne peut apparemment pas faire confiance aux Suisses, et certainement pas à leur Constitution. Seule l'action pleine de sagesse de tribunaux internationaux et de politiciens avisés, au rang desquels il se compte lui-même, pourrait garantir l’État de droit contre l'assaut barbare du souverain.

 

Portmann s'est amèrement plaint, le lendemain, d'avoir reçu tant de réactions haineuses sur Facebook. Pourtant, rien d'étonnant à cela. Quand on dénigre si irrespectueusement le peuple suisse, qu'on le sermonne avec une telle arrogance, qu'on a une si basse opinion de la maturité et de la responsabilité des électeurs, il ne faut pas se plaindre d'un retour hostile à l'avenant. Qui sème le vent...

Peu importe la manière dont on se positionne par rapport à l’initiative pour l’autodétermination de l'UDC, avec leurs affiches brutales et leur arrogance, les opposants à cette proposition montrent clairement qu'ils n'ont pas la démocratie directe en grande estime, et encore moins le peuple.

Quiconque croit les Suisses capables d'abuser de leur droit de vote pour s'en prendre aux femmes et aux minorités, et prétend que les Suisses instaureraient une dictature nazie, si on les laissait faire, qui dit cela, ne fait qu'agir logiquement en arrachant aux citoyens le droit de vote et en liquidant la démocratie directe.

Ce qui nous ramène à notre sujet. L’initiative pour l’autodétermination vise justement ceux qui méprisent le peuple et ceux qui veulent abolir la démocratie, les Portmann et les Libéro, les milieux qui se sentent au-dessus des décisions populaires, qui veulent enfermer le peuple dans un carcan de règles et de réglementations internationales pour que le peuple n'ait pas son mot à dire, mais que la classe politique décide de tout.

Droits de l'homme, libertés publiques, barbarie nazie, les insultes faites au peuple ne sont que prétextes. Portmann et consorts savent, doivent savoir qu'en Suisse, depuis 170 ans, le peuple, les citoyens, les électeurs sont le solide rempart des droits de l'homme contre les criminels et les dictateurs.

C'est le peuple qui, dans les années 1930, a rejeté une révision totale de la Constitution fédérale qui aurait conduit à un État autoritaire. C'est le peuple qui, contre la volonté du Conseil fédéral et d’une majorité de parlementaires, a mis fin au régime des pleins pouvoirs de la Seconde Guerre mondiale et imposé le retour à la démocratie directe.

C'est de la folie de vouloir déposséder de leurs droits les citoyens suisses au nom des droits de l'homme. Les fondateurs de l'État savaient que des politiciens, des juges peuvent agir contre les intérêts des citoyens. C'est pourquoi ils ont considéré que les citoyens sauraient mieux défendre les droits de l'homme. Des générations passées ont sacrifié leur vie pour la liberté. Portmann ne croit plus les Suisses capables de la défendre.

Nous avons connu une révolution venue d'en haut, une rupture avec une pratique juridique séculaire. Il y a six ans, cinq juges fédéraux à Lausanne ont placé le droit international «de manière générale» au-dessus du droit national. Ce n'était plus les décisions du peuple et la Constitution fédérale qui devaient être tout en haut, mais le droit international. Et les citoyens dans tout cela? Ils sont dépossédés du pouvoir d'un seul trait de plume.

La décision a été controversée, mais elle était du goût de ces messieurs, des gens subtils et des radicaux, de ceux qui s'estiment plus intelligents et supérieurs à la population tout juste bonne à les élire.

Ils ont accepté, reconnaissants, le cadeau de Lausanne. Le Conseil fédéral et le Parlement ont commencé à refuser la mise en œuvre de décisions populaires fâcheuses en se référant au droit international. Des étrangers auteurs de crimes graves ne peuvent plus être expulsés car les tribunaux placent le droit étranger au-dessus de la Constitution.

Quand le droit international prime sur le droit national, c'est la loi de l'arbitraire, l'insécurité du droit, l'impuissance des citoyens, mais c'est aussi le pouvoir total des politiques et des juges qui interprètent le droit international contre le peuple suisse. Les prévôts étrangers sont parmi nous. Que la démocratie directe repose en paix! Tel est le dessein des opposants à l'autodétermination. Vous devriez les reconnaître à leurs affiches et à leurs slogans.

Il existe en Suisse un droit de l'homme à la démocratie directe. Quiconque y reste attaché vote oui à l'autodétermination.

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