La grande arnaque de l'asile

Des centaines de milliers de personnes attendent en Afrique du Nord. La pression migratoire en Méditerranée sur la Suisse s'intensifie de nouveau. Les recettes de Berne sont inadéquates. Nous devons fermer nos frontières à l'immigration illégale et accroître l'aide aux réfugiés sur place.

La grande arnaque de l'asile n'est plus supportable. Les politiques et les médias nous bernent. J'ai lu la semaine dernière que le nombre de réfugiés à la frontière suisse aurait «franchement régressé». Par rapport au dernier trimestre 2015, il y aurait moins de passages de la frontière, exultait un autre journal. Est-ce que les journalistes se rendent bien compte des sottises qu'ils propagent? De fait, les chiffres augmentent de façon spectaculaire. Si l'on compare le premier trimestre 2015 avec le premier trimestre 2016, les demandes d'asile sont en hausse de plus de 80%, 8315 au lieu de 4489. Et ce n'est qu'un début.

Une escroquerie organisée par les autorités

L'arnaque commence par le vocabulaire employé. Qu'est-ce qu'un «réfugié»? Un réfugié est une personne dont la vie et l'intégrité physique sont menacées dans sa patrie pour des caractéristiques intimement liées à sa personne – couleur de la peau, religion ou convictions politiques. Les Juifs persécutés par les Allemands pendant la dernière guerre mondiale étaient de vrais réfugiés. Aujourd'hui, ce sont, par exemple, les minorités chrétiennes dans les territoires occupés par les musulmans assassins de Daech au Proche-Orient. Les Arméniens chrétiens, jetés sur les routes et massacrés à la fin de la Première Guerre mondiale par les Turcs et les Kurdes, étaient aussi de vrais réfugiés. Les vrais réfugiés ont droit à l'asile.

«Réfugié» est une notion juridique bien définie. Toute personne qui est en difficulté et qui quitte son pays n'est pas un réfugié. Lorsque des gens émigrent, nous parlons de migrants. S'ils ne disposent pas des papiers nécessaires pour se rendre dans un autre pays, mais qu'ils y vont quand même, nous parlons alors de migrants illégaux. Les personnes déplacées par la guerre ne sont pas non plus, juridiquement parlant, de véritables réfugiés au sens décrit précédemment. On les qualifie de personnes à protéger. On ne leur accorde pas l'asile, mais une protection temporaire. Seule une part infime de ceux que les journalistes ou les politiciens qualifient aujourd'hui globalement de «réfugiés» le sont au sens juridique.

Mais quand on parle de déplacés de guerre, il faut aussi y regarder de plus près. Durant la dernière guerre mondiale, la Suisse a accueilli temporairement plus d'une centaine de milliers de Polonais en situation de vulnérabilité. Ces déserteurs et migrants chassés par la guerre ont réussi à se sauver dans le dernier pays d'Europe centrale qui n'était pas occupé par les troupes allemandes. Les populations d'aujourd'hui déplacées par la guerre parcourent des milliers de kilomètres à travers des pays sûrs. Elles sont sauvées depuis longtemps. Leur intérêt est économique. Les personnes déplacées qui viennent de pays où il n'y a plus de raisons de fuir ne sont plus, sur le plan juridique, des déplacés de guerre. L'asile n'est pas une licence pour s'installer où l'on veut dans le monde.

Vrais et faux Syriens

L'an dernier, environ 1,3 million d'immigrants illégaux sont arrivés en Europe, dont probablement près de 600 000 Syriens. Probablement, parce que la plupart de ces Syriens n'avaient pas de papiers sur eux, ou bien des faux, comme l'Agence européenne de la sécurité des frontières Frontex l'écrit dans son dernier rapport. Presque tous ces Syriens présumés venaient de Turquie, où ils avaient parfois vécu pendant des années en sécurité. Ces vrais et ces supposés Syriens ne sont pas venus en Europe parce qu'ils veulent se protéger de la guerre, mais parce qu'ils viennent chercher un avantage personnel dans les riches États providence de l'UE. Aussi compréhensibles que puissent être leurs motivations, elles n'autorisent pas ces migrants illégaux à abuser de nos lois en matière d'asile pour des raisons économiques. Si les États membres de l'UE prenaient leur droit d'asile au sérieux, ils devraient renvoyer les migrants illégaux.

Reprise autonome de l'absurde

La Suisse pratique la reprise autonome de la situation européenne déplorable de l'asile. Personne en provenance d'un pays tiers sûr n'est un vrai réfugié ou un déplacé de guerre à protéger. La Suisse n'est entourée que de pays tiers sûrs. Ce n'était pas le cas durant la dernière guerre mondiale. Elle était alors entourée par des puissances belligérantes qui répandaient la terreur. À l'époque, on pouvait trouver aux frontières de la Suisse des déplacés de guerre et de véritables réfugiés. Aujourd'hui, c'est impossible. Tous les migrants illégaux, arrivés par voie terrestre à nos frontières extérieures, qui ont déposé une demande d'asile n'ont, par définition, aucun droit à l'asile, car ils proviennent de pays tiers sûrs. L'accès à la Suisse par voie de terre ne peut pas donner droit à l'asile! Cela nous est imposé par notre droit d'asile international, scellé dans le Règlement de Dublin sur les réfugiés. On peut critiquer ces obligations légales, mais on n'a pas le droit de les réduire arbitrairement à néant.

Le fait que les pays voisins laissent passer les migrants, ou ne les enregistrent pas, ne donne pas droit légalement à ces migrants à la protection ou à l'asile en Suisse. Au contraire, il serait même du devoir des autorités de refuser à ces migrants illégaux l'entrée dans le pays à nos frontières et de les renvoyer dans les pays de transit qui n'assument pas leurs responsabilités.

Je ne reproche à aucun migrant de tenter d'exploiter en sa faveur le chaos du fléau de l'asile européen. C'est la faute des gouvernements si le droit d'asile est chamboulé. Ce ne sont pas les conflits au Proche-Orient ou en Afrique qui poussent les peuples à migrer, mais l'offre d'ouverture des frontières. En Afrique du Nord, plus de 500 000 migrants attendent l'occasion d'accéder en Suisse ou en Europe par l'Italie.

Afghans d'Allemagne

En aucun cas, il ne faut déduire de ce qui précède que la Suisse ne peut ou ne doit plus accueillir aujourd'hui de véritables réfugiés ou déplacés de guerre. Mais cela signifie que l'on ne peut plus obtenir l'asile en Suisse en y arrivant par voie terrestre. L'an dernier, le nombre de demandeurs d'asile afghans a grimpé en Suisse de plus de 900%. Ces Afghans étaient auparavant en Allemagne et n'en appréciaient pas la lenteur de la procédure d'asile. Ils sont venus en Suisse parce qu'ils espéraient une admission plus rapide, comme en témoigne le récent rapport du Secrétariat d'État aux migrations à Berne. Objectons que notre droit d'asile n'a pas été inventé pour les migrants qui estiment la procédure d'asile trop longue dans d'autres pays. Notre droit d'asile n'a pas non plus été fait pour les gens qui arrivent avec l'aide de passeurs criminels en parcourant des milliers de kilomètres au travers d'innombrables pays tiers sûrs en Suisse, uniquement pour leur avantage personnel, sans permis de travail légal.

Expropriations, aide judiciaire

Les faits montrent clairement pourquoi le Département des migrations dirigé par la conseillère fédérale Sommaruga et le secrétaire d'État Mario Gattiker est à côté de la plaque. Ces deux tiers-mondistes, qui s'opposent et se sont toujours efficacement opposés à tous les durcissements du droit d'asile, font fausse route. Ils ne réfléchissent pas sur la manière d'empêcher les migrants illégaux de franchir la frontière. Toutes leurs énergies se focalisent sur l'extension de l'infrastructure d'accueil suisse. La future révision de la loi sur l'asile devrait encore cimenter cette mauvaise politique. La Confédération veut avoir le droit d'exproprier des cantons, des communes et des particuliers pour créer des centres d'asile: pour encore plus de place pour les faux réfugiés. Ce serait une atteinte à nos droits fondamentaux. Les migrants illégaux devraient aussi bénéficier inconditionnellement et gratuitement d'avocats. Les Suisses se trouveraient ainsi défavorisés par rapport aux réfugiés.

Comment la Suisse peut-elle vivre sa tradition humanitaire dans de telles circonstances? La solution n'est pas si difficile. Premièrement, il faut rapidement introduire des contrôles systématiques aux frontières. La systématisation des contrôles aux frontières signifie que les garde-frontières empêchent tous les migrants illégaux de passer la frontière et les renvoient sur le champ dans les pays voisins et les pays de transit sûrs, d'où ils sont venus. Tant qu'il n'y a pas de guerre en Europe et que la Suisse est entourée d'États pacifiques, il ne peut plus y avoir d'asile pour des personnes venues par voie terrestre. Il ne s'agit pas d'une exigence extravagante, mais de la simple application de la situation juridique en vigueur.

Deuxièmement, la Suisse doit concentrer son aide au développement spécifiquement sur l'aide et la protection des personnes dans les régions de crise concernées. Au lieu de déverser des centaines de millions directement dans les budgets nationaux de régimes africains corrompus, comme au Burkina Faso, la Suisse devrait rediriger cet argent vers les camps de réfugiés de l'ONU et les infrastructures des organisations humanitaires telles que le CICR. Aucune personne vraiment menacée ne devrait être contrainte à parcourir des milliers de kilomètres. C'est insensé de ne pas avoir concrétisé cette idée depuis longtemps.

Fermer les frontières et aider sur place

Troisièmement, la Suisse devrait pouvoir prendre, en concertation avec les organisations internationales, des contingents de déplacés de guerre directement dans leurs camps et leur accorder une protection temporaire en Suisse. On pourrait clarifier dans les camps de l'ONU qui ne peut en aucun cas retourner dans son pays parce que sa vie et son intégrité physique y sont menacées aux termes de la Convention de Genève. La Suisse pourrait participer généreusement à l'accueil de ces véritables réfugiés. Si des migrants illégaux entraient malgré tout sur le territoire et se faisaient prendre, ils pourraient, en fonction de leur nationalité, être rapatriés dans leur pays ou dans les camps de réfugiés. Les difficultés qui s’ensuivront ne constituent pas une objection à cette approche. Quiconque arrive directement en Suisse par avion peut être contrôlé dans les aéroports. Les demandes d'asile légales seront satisfaites.

Ces mesures simples permettraient de stopper immédiatement le chaos de l'asile encouragé par les autorités. Parallèlement à l'aide ciblée sur place, il est essentiel de fermer résolument les frontières à toute tentative d'entrée illégale dans le pays sous prétexte d'asile. C'est possible. Les Autrichiens et les Suédois nous fournissent des modèles applicables. Les Scandinaves arrivent à intercepter les migrants illégaux avant qu'ils ne franchissent leurs frontières.

Sécuriser les frontières et aider sur place: telle est la formule magique de l'asile d'aujourd'hui. L'activité criminelle des passeurs s'effondrerait. Personne ne paie des dizaines de milliers de francs pour des traversées sans espoir. Dans les zones de crise, seules les personnes vraiment menacées fuiraient vers les camps. La Suisse pourrait continuer d'accueillir de vrais réfugiés et des personnes à protéger à partir de ces camps. Ce serait la voie du bon sens. Combien de temps faudra-t-il encore à la ministre de la Justice Sommaruga pour se rendre à l'évidence?

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