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Sempiternels mensonges de l'UE: Viktor Orbán.
Image: Darko Vojinovic (AP, Keystone)

Viktor Orbán

Une bénédiction pour l'Europe.

Ils n'arrivent toujours pas à y croire. Les médias font la tête, ne décolèrent pas, écument de rage. Viktor Orbán, le Premier ministre hongrois, a été brillamment réélu. Près de 70% des électeurs se sont rendus aux urnes, un record. La victoire d'Orbán était plus nette que prévu, que redouté. Un raz-de-marée. Et une élection parfaitement démocratique.

Que font les journalistes lorsqu'ils se rendent compte que leurs avertissements, leurs sermons, leurs calomnies arrogantes contre le «dictateur», le «souverain», le «populiste de droite» font chou blanc?

Ils reviennent à la charge.

À la lecture de la presse, on arrive à la conclusion que la Hongrie est le nouveau cœur des ténèbres, le quartier général du Führer du néo-fascisme en Europe. Orbán «marche» comme le faisaient jadis les nazis d'Hitler à Berlin. La démocratie en Hongrie, si tant est qu'elle ait jamais existé, est au bord de l'effondrement. Soi-disant.

Michael Ignatieff, un ancien politicien de premier plan au Canada, journaliste très respecté, actuellement recteur de l'Université d'Europe centrale à Budapest, voit l'élection d'Orbán comme un rejet de la démocratie. Désormais, la Hongrie va «s'allier à Poutine et aux autocrates en pleine ascension du XXIe siècle».

On s'étonne de tant d'arrogance. Le Süddeutsche Zeitung sait qu'Orbán n'a gagné que grâce au «lavage de cerveau» de ses électeurs et à des «fantasmes». Le même commentateur écrit dans le Tages-Anzeiger de Zurich que la Hongrie serait maintenant une «autocratie cleptocratique» dans un «univers parallèle» fait de – quoi donc? – «fantasmes xénophobes».

Partout, on nous sert la même sauce. La télévision allemande parle d'un «système électoral injuste», de «désinformation» et de «politique hostile à la démocratie». Le correspondant de la radio suisse suggère qu'Orbán a conquis le pouvoir avec des «théories du complot». Pauvre, stupide Hongrie.

Avec une telle profondeur prospective, on se demande pourquoi ils ont laissé les gens voter? Quiconque tombe si facilement dans les «fantasmes» et la «désinformation» ne peut avoir la maturité démocratique requise. Les journalistes qui comprennent Orbán en ont, bien sûr, des tonnes.

Si ce que les journaux écrivent était vrai, le SZ aurait finalement raison dans son impitoyabilité baroque: l'Europe ne serait «pas condamnée à regarder les bras croisés» l'élection d'Orbán. Ce journal de référence, typiquement allemand, appelle à la «résistance».

Les Allemands envahiront-ils bientôt de nouveau Budapest? La Bundeswehr doit-elle une nouvelle fois forcer les Hongrois à penser juste, à l'allemande? L'UE et ses alliés plumitifs pourraient bien en être capables. Tout le monde parle à tort et à travers de démocratie, mais seule une infime minorité semble savoir ce que c'est.

Précisons: la démocratie ne signifie pas la conformité systématique du résultat final avec mes désirs. Il y a démocratie quand on applique des décisions populaires. Et quand il faut les accepter.

Orbán n'est pas un nazi. Il n'est pas non plus un extrémiste de droite. Quel culot d'affirmer cela! Et insinuer que les Hongrois auraient un faible pour les systèmes autoritaires, c'est les insulter.

À plus forte raison, les Hongrois! Pendant des décennies, ils ont souffert sous de vraies dictatures, pas des dictatures forgées de toutes pièces par des journalistes. Ce furent d'abord les bruits de bottes des nazis allemands. Puis les communistes russes ont débarqué avec leurs chars.

Quiconque prête aux Hongrois des penchants autoritaires, un désir ardent d'assujettissement n'a rien compris à leur histoire.

Pourquoi les Hongrois votent-ils Orbán? Peut-être parce qu'Orbán s'est battu contre des dictateurs. Ou parce qu'il s'oppose aujourd'hui aux aspirants dictateurs à Bruxelles et ailleurs. Orbán tient tête. Il a du courage. Orbán est la terreur hongroise des dictateurs.

Orbán ne vient pas de l'aile droite. Il vient du centre de l'Europe démocrate-chrétienne avec ses figures de proue, Adenauer, Kohl et de Gaulle. Difficile de faire plus européen. C'est vrai, Orbán s'est séparé des libéraux hongrois. Pourquoi? Parce que, comme en Suisse, ces libéraux peu fiables ont souvent viré à gauche.

Orbán est un démocrate conservateur libéral, un patriote et un combattant de la liberté, un protestant, un Reagan hongrois, Hollywood en moins. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, l'a salué d'un «Bonjour, dictateur!», à moitié en plaisantant, à l'occasion d'une visite d’État. Aujourd'hui encore, cette phrase stupide est citée comme un bon mot acceptable dans les médias.

Quelle ânerie! Juncker, et non Orbán, a un problème de démocratie. Orbán a été confirmé à plusieurs reprises par le peuple lors d'élections libres. Le fonctionnaire Juncker a été nommé dans les coulisses par d'autres fonctionnaires, sans consulter le peuple – à peu près aussi démocratiquement qu'en Chine.

Ses détracteurs occidentaux se plaignent qu'Orbán n'ait remporté les dernières élections que grâce à un système injuste parce que les sièges au parlement ne sont pas attribués à la proportionnelle, mais à la majorité.

Ce jugement est aussi erroné que malhonnête. Des États comme le Royaume-Uni ou les États-Unis ont le même système, ce qui ne soulève pas la véhémente réprobation des sceptiques envers l'élection d'Orbán. Les 49% d'Orbán avec une participation de 70% lui confèrent un mandat démocratique en béton.

La question n'est donc pas de savoir si la Hongrie est encore une démocratie. Évidemment, la Hongrie est une démocratie. La question est de savoir quelle proportion de démocratie reste dans l'UE. Et quelle proportion de démocratie est encore tolérée dans l'UE? Pas beaucoup.

Orbán est une bénédiction pour l'Europe parce qu’il met au grand jour les sempiternels mensonges et les erreurs de l'UE. Parce qu'il ne se laisse pas marcher sur les pieds.

Les médias et les fonctionnaires à Bruxelles détestent Orbán parce qu'ils savent qu'il a raison. Leur UE est plus une oligarchie qu'une démocratie. Le constat est douloureux.

En Suisse, nous regardons attentivement au-delà des frontières. Nous ne voulons pas nous associer à un club qui traite ses membres de cette façon. Nous ne croyons pas non plus que les institutions perdurent quand elles se fondent sur l'arrogance et sur le mépris de l'électeur.

Les politiciens à Berne qui cherchent toujours le rattachement institutionnel à l'UE devraient se dépêcher. Il pourrait bientôt ne plus y avoir d'UE avec laquelle la Suisse puisse conclure un accord-cadre institutionnel.